Une scaphandrière au service du nucléaire français
Son rôle ? Intervenir dans des environnements complexes pour assurer la maintenance et la sûreté des installations. Un métier exigeant, qui requiert courage, technicité et rigueur absolue. Dans un secteur où la précision, la sécurité et l’expertise sont essentielles, certaines compétences se distinguent aussi par leur rareté.
Cécile DORTHE est scaphandrière chez NUVIA, unique femme à exercer ce métier dans le monde du nucléaire...et manage également 150 personnes. Nous avons eu le privilège de la rencontrer lors des Prix Fem’Energia, une cérémonie qui célèbre des parcours féminins inspirants dans notre industrie. Sa singularité illustre la diversité et l’excellence qui font avancer le nucléaire.
Des images de l’avancement du chantier de l’EPR2 de Penly
Le site de Penly est le premier site retenu pour le lancement du programme de 6 nouveaux réacteurs de technologie EPR2 en France. Un projet d’une telle ampleur comprend plusieurs phases, qui vont se déployer progressivement jusqu’à la mise en service à horizon 2038.
Sur le site EPR2 de Penly, 2025 a été une année de véritable accélération. La mobilisation des équipes s’est intensifiée, avec aujourd’hui plus de 1 000 collaborateurs présents sur le site chaque jour et des avancées majeures côté travaux préparatoires, désormais bien visibles. 2026 s’annonce à nouveau riche en activités et en défis.
Construction of Steady Energy pilot plant begins
Finlande : Steady Energy a coulé le 1er béton pour un projet pilote non nucléaire de son SMR LDR-50 destiné au chauffage urbain, sur le site de la centrale thermique au charbon désaffectée de Salmisaari B, dans le centre d'Helsinki. Steady Energy, société issue en 2023 du VTT (Technical Research Centre of Finland), a déclaré qu'il s'agirait du 1er essai physique d'un module de réacteur à grande échelle, au-delà des environnements de simulation, avant sa construction réelle. Le petit réacteur modulaire LDR-50, d'une puissance thermique de 50 MW, est en développement chez VTT depuis 2020. Il est conçu pour fonctionner à environ 150°C et à une pression inférieure à 10 bars, et destiné au chauffage urbain.
Sweden proposes steps to facilitate new nuclear projects
Suède : Le gouvernement annonce plusieurs mesures visant à faciliter la construction de nouvelles centrales nucléaires dans le pays. Celles-ci comprennent une nouvelle loi d'autorisation, l'élargissement des sites potentiels pour les centrales nucléaires sur le littoral, et un soutien accru de l'État aux études de faisabilité menées par les municipalités.
Le ministre Busch a indiqué : « L’énergie suédoise prend un nouveau départ. La décision d’aujourd’hui crée des conditions plus favorables au développement du nucléaire. Elle simplifie les procédures d’autorisation et permet de produire davantage d’énergie nucléaire dans plus d’endroits. »
Position de la Sfen sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) du 13 février 2026
Si la Sfen se félicite de la publication de la PPE et de la relance du nucléaire, elle attire l'attention sur un certain nombre de défis à relever : la nécessité d'un choc d'électrification, les enjeux de coûts du système électrique (et les enjeux économiques pour le nucléaire) dans l'hypothèse d'une trajectoire de décarbonation lente, et la question de la robustesse du système électrique (services systèmes).
La Sfen soutient, en parallèle de la publication de la PPE-3, la poursuite de la procédure de vote au Parlement d’une loi de programmation énergétique, sur la base de la Proposition de loi Grémillet, pour asseoir la légitimité démocratique de la politique énergétique française et inscrire la relance du nucléaire dans la loi, afin d’assurer une continuité politique sur le temps long, au-delà des alternances politiques.
La Belgique suspend le démantèlement de 2 tours de refroidissement sur le site de Tihange
Cette décision, certes tardive, ouvre ainsi la voie au redémarrage du réacteur de Tihange 1, à l’arrêt depuis le 30 septembre 2025.
Cette suspension est une conséquence du revirement politique que connaît la Belgique depuis début 2025. Elle fait suite à l’abrogation, en mai 2025, de la loi belge de 2003 qui prévoyait la fin du recours à l’énergie nucléaire dans le pays. Et elle est en accord avec l’opinion publique, puisque 73 % des belges se déclaraient en 2024 en faveur du nucléaire.
La suspension du démantèlement de Tihange 1 réouvre la possibilité d’un avenir énergétique à la Belgique, et c’est ce qui manque à l’Allemagne... qui devrait s’en inspirer en mettant fin urgemment au programme de démantèlement en cours des centrales allemandes.
International safety assessments of Finnish, French SMRs
Les 5 autorités de sûreté nucléaire de Tchèquie, Finlande, Pologne, Suède et Ukraine mènent un examen conjoint afin d'évaluer la sûreté du SMR LDR-50 finlandais de Steady Energy. Parallèlement, 8 autorités de sûreté nucléaire européennes ont entamé la 3ème phase d'un examen conjoint de sûreté du SMR Nuward français.
Ce n’est pas un secret, pour les développeurs de SMR, la standardisation est un enjeu majeur. C’est pour cette raison, et dans un contexte de relance du nucléaire, que les autorités de sûreté nucléaire de nombreux pays européens lancent des évaluations conjointes (joint early review) du design de certains SMR, dans une optique de renforcer la sûreté et la convergence réglementaire. En voici 3 exemples.
Assessment of proposed Norwegian SMR plant to begin
Norvège : Le gouvernement a donné son accord à Norsk Kjernekraft pour débuter l'étude d'impact pour la construction d’une centrale nucléaire dans les municipalités d'Aure et de Heim, 1ère étape du processus d'autorisation de l'énergie nucléaire en Norvège.
Cette centrale nucléaire sera composée de petits réacteurs modulaires (SMR, pour Small Modular Reactor), et sera implantée dans une zone industrielle commune, le parc industriel de Taftøy, à la frontière entre Aure et Heim, dans le comté de Trøndelag. Elle devrait produire environ 12,5 TWh d'électricité par an. La centrale nucléaire proposée à Aure et Heim est le premier des dix projets que Norsk Kjernekraft met en œuvre dans les municipalités norvégiennes.
OPG and Port Hope to collaborate on 10 GW new nuclear plan
Canada : Ontario Power Generation et la municipalité de Port Hope vont collaborer à la construction d'une nouvelle centrale nucléaire sur le site de l’ancienne centrale au fioul de Wesleyville, qui pourrait accueillir jusqu'à 10 GW de capacité. Cette nouvelle centrale nucléaire de Wesleyville fournirait jusqu'à 10 GW de nouvelle capacité de production d'électricité nucléaire, et fonctionnerait pendant 78 ans.
Aucune technologie de réacteur n'a encore été sélectionnée, mais OPG a examiné plusieurs options, parmi lesquelles figurent les réacteurs à eau pressurisée (AP1000 de Westinghouse et EPR d'EDF), les réacteurs à eau lourde pressurisée (CANDU MONARK d'Atkins Realis) et les réacteurs à eau bouillante (BWRX-300 de GE-Hitachi).
Final Investment Decision taken for Romanian SMR project
Roumanie : Décision finale d'investissement prise par Nuclearelectrica pour le projet de centrale SMR. Ce projet de centrale SMR vise une capacité installée de 462 MW, grâce à la technologie américaine NuScale. Six modules d'une capacité de 77 MW chacun seront construits sur l'ancien site de la centrale à charbon de Doicești, à environ 90 kilomètres au nord-ouest de Bucarest.
Bogdan Ivan, ministre roumain de l'Énergie, a déclaré : « La décision finale d'investissement concernant le projet de petit réacteur modulaire (SMR) de Doicești marque le passage de la phase d'analyse à la phase de mise en œuvre. Nous remplaçons 600 MW d'une ancienne centrale thermique par 462 MW d'énergie propre, stable et prévisible. »
EDF signe un gros contrat pour fournir de l'électricité nucléaire à... un géant du nucléaire
En pleine recherche de contrats pour sécuriser la vente de son électricité nucléaire sur les 10 prochaines années, EDF vient de valider une signature pour plus de 500 GWh/an. Une nouvelle encourageante dans un contexte post-ARENH complexe.
C’est finalement logique : Orano vient de signer auprès d’EDF trois importants contrats, d’une durée de 10 ans, pour approvisionner en électricité ses différents sites tricolores. Au total, EDF devrait donc fournir près de 500 gigawattheures (GWh) d’électricité nucléaire par an à Orano, notamment au site Orano Recyclage qui est situé à La Hague, et dont la consommation annuelle est estimée à 560 GWh.
L’électricien a désormais 19 contrats signés, mais reste loin de son objectif de 40 TWh annuels.
Le réseau électrique ukrainien au bord de l’effondrement malgré le soutien de l’UE
Malgré l’augmentation des importations d’électricité en provenance de l’UE, le système énergétique ukrainien apparaît de plus en plus vulnérable après plusieurs années de bombardements russes visant les infrastructures critiques du pays.
L’Ukraine affirme que la Russie a tiré « plus de 6 000 drones d’attaque, environ 5 500 bombes aériennes guidées et 158 missiles de différents types » sur ses infrastructures énergétiques rien qu’au mois de janvier.
Le système est vraiment à la limite », a souligné Rouven Stubbe, du groupe de réflexion Green Deal Ukraina. Ce n’est qu’au prix d’efforts considérables qu’Ukrenergo et le secteur énergétique dans son ensemble ont pu maintenir le réseau en fonctionnement.
La corrosion sous contrainte, de crise à routine d’exploitation selon l’ASNR
D’abord source d’une crise majeure en 2021 et 2022, la corrosion sous contrainte est maintenant intégrée dans gestion normale du parc nucléaire d’après l’ASNR.
C’est l’un des grands enseignements des travaux d’investigation, de contrôle et de réparation menés par EDF : « La corrosion sous contrainte (CSC) fait maintenant partie de la vie des installations nucléaires françaises », souligne Pierre-Marie Abadie, président de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).
Ce changement de statut traduit la mise en place d’une stratégie à long terme d’EDF, sur laquelle le gendarme du nucléaire se prononcera mi-2026.
Newcleo, la start-up italienne du nucléaire, lève 75 millions d'euros supplémentaires
Newcleo continue, pas à pas, à renforcer son capital. La start-up italienne spécialiste du nucléaire, dont le siège est à Paris, annonce ce mardi avoir levé 75 millions d'euros supplémentaires. Et, au total, 105 millions d'euros ces douze derniers mois. Cela porte à 645 millions d'euros le montant des capitaux engrangés par la société depuis 2021.
« Nous aurions pu lever plus de fonds si la France n'avait pas ralenti son programme de soutien France 2030. Nos investisseurs sont en attente des prochaines décisions », déclare Stefano Buono, DG et cofondateur de Newcleo. Une allusion à la pause, depuis deux ans, des aides publiques aux mini-réacteurs dans l'Hexagone.
Serbia discusses new nuclear with French development agency
Serbie : La ministre serbe des Mines et de l'Énergie, Dubravka Đedović Handanovic s'est entretenue avec l'Agence Française de Développement au sujet de la coopération liée à la transition énergétique, « notamment en ce qui concerne le développement des applications de l'énergie nucléaire en Serbie ».
Elle a ajouté l'existence d'un accord de coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire entre le gouvernement serbe et le géant énergétique français EDF, comprenant une étude technique préliminaire sur l'utilisation de l'énergie nucléaire en Serbie, un soutien au développement du personnel professionnel et à l'évaluation de l'impact des centrales nucléaires sur le réseau de transport.
La Serbie disposait d'une loi de longue date interdisant la construction de centrales nucléaires, mais en décembre 2024, l'Assemblée nationale a voté des amendements à la loi sur l'énergie, mettant fin à cette interdiction vieille de 35 ans.
Le nucléaire français vit un véritable « âge d’or » avec une 3ème entreprise qui vient de soumettre un réacteur à l’ASNR
La filière nucléaire française vit un moment d’un rare dynamisme : en quelques semaines, 3 start-up ont fait passer un cap décisif à leur projet respectif en le soumettant à Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).
D’un côté, Newcleo a déposé son Dossier d’Option de Sureté (DOS) pour son réacteur. Une démarche volontaire, en amont, qui ne vaut pas encore autorisation de construire, mais qui ouvre un dialogue technique approfondi avec le régulateur.
De l’autre, Stellaria et Jimmy ont franchi une marche plus haute : le dépôt d’une Demande d’Autorisation de Création (DAC). Ce document fait basculer une entreprise dans le statut d’exploitant nucléaire, avec un design figé, une démonstration de sûreté complète, et une responsabilité juridique pleine et entière.
Le plus gros levage du projet des 2 EPR Hinkley Point C : plus de 1000 tonnes !
BYLOR Joint Venture avec Big Carl appartenant à Sarens, l'une des plus grandes grues au monde, a hissé la fosse de chargement de 1 305 tonnes et l'a descendue dans le bâtiment combustible de l’unité 2, où le combustible nucléaire neuf et usé sera stocké et manipulé.
Cette piscine est la deuxième à être installée dans le bâtiment combustible de l'unité 2. La troisième et dernière piscine – la piscine de combustible usé – sera mise en service au début de cette année et construite sur place.
Cette prouesse conclut plus de 4 années de travail sur 8 éléments préfabriqués. Le retour d’expérience de l'unité 1 a permis d'améliorer la qualité de la construction et d'éviter des retards inutiles.